Mise en avant

ÉDITO – Oui ! L’homme de la rue demande des Indiscrétions Nazairiennes

Eh oui, la gauche socialiste et communiste, aidée des Verts, va continuer à faire et dire des Khomri…

Eh oui, la droite restera inexistante, inaudible, amoureuse des zones commerciales, moins du logement social…

Eh oui, l’extrême droite populo-démago, variante « Bouchard », va continuer à aiguiser ses couteaux…

Eh oui, les syndicats vont s’écharper sur le travail détaché, à l’heure des super-paquebots…

Eh oui, il y aura bien un Juppé, un Hollande ou une Le Pen pour débarquer, de petit matin à Penhoët, et juger tous ses grands dieux – laïcs – qu’on va voir ce qu’on va voir ce qu’on voir… et que Saint-Nazaire sa se remettre d’aplomb.

2017 sera une année riche, une année politique. Et l’ensemble de ce petit monde va s’en donner à coeur joie. Il va y avoir des fausses promesses, des vrais mensonges, de l’à peu près, du point trop s’en faut, du bobo de gauche, de l’esstrèmedroite, du centre mou, des syndicats complices, des candidats victorieux, vaincus, pressentis, pas investis, surinvestis, candidats à rien sauf à l’avenir… BREF

Cela fait beaucoup de raisons pour relancer Indiscrétions Nazairiennes.

A+

Xavier Perrin (PS) ne veut pas armer la police municipale, grogne à droite

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Régulièrement évoquée au conseil municipal de Saint-Nazaire depuis son annonce, en juin 2015, la police municipale est revenue ce 20 mai, en délibération 3. La question de son armement lui donne maintenant une épaisseur ambiguë dans les débats…

Dans le cadre d’une délibération portant sur la fourniture de gilles pare-balles, quelques échanges – courtois – ont pris part entre le maire adjoint à la tranquillité et à la sécurité, Xavier Perrin, et les présidents des groupes d’opposition Pierre-Yves Vincent (UDI), puis Jean-Claude Blanchard (FN). Si les oppositions ne se sont naturellement pas concertées entre elles, force est de constater qu’une position commune est partagée : celle de l’armement de la police municipale nouvellement constituée. Et chacun de jouer à la « vraie droite ».

Ainsi, pour le centriste Pierre-Yves Vincent, la question des gilets par balles attribués à la police municipale « soulève inévitablement la question de [son] propre armement ». « Ce ne serait pas du luxe », a assuré l’élu, faisant allusion à l’insécurité qui pèse sur les forces de l’ordre. Ces derniers mois, monsieur Vincent, devenu référent communal d’Alain Juppé en vue de l’élection présidentielle de 2017, a régulièrement musclé son verbe. Il intervient désormais beaucoup plus souvent qu’auparavant, sur des thèmes qu’il n’entend clairement pas laisser au Front national : sécurité, culture, civisme, voire patriotisme, comme après les différents attentats de l’an dernier.

Quant à Jean-Claude Blanchard, responsable du groupe FN, l’armement de la police municipale lui apparaît « tout à fait prioritaire [à] Saint-Nazaire ». Il ne serait selon lui que la suite logique du programme de son parti aux dernières élections municipales, présenté début 2014. « Bien sûr, le groupe Saint-Nazaire Bleu Marine (…) approuvera [cette délibération] » a indiqué le conseiller d’extrême droite, rappelant que, lorsque le FN en avait pris l’initiative il y a deux ans, cette « proposition fut moquée par toute la classe politique nazairienne » avant le « changement de braquet » de la Mairie, qualifiée de « majorité socialo »…

Il n’en reste pas moins que Xavier Perrin, défendant sa délibération, a poliment écouté, répondu de manière globale à ses opposants, mais les a surtout éconduit. Selon l’adjoint, l’armement catégorie D (matraques téléscopiques, bombes lacrymogènes) suffit pour une « police de proximité, principalement basée dans le centre-ville et sur le front de mer », rejetant ainsi la vision d’une police de choc voulue par les oppositions. Une pique contre le FN est d’ailleurs venue contredire cette image fantasmée : « Il n’est en tout cas pas question d’imagine demain un groupement de commandes avec la commune de Béziers pour acheter tel ou tel équipement : char d’assaut, porte-hélicoptère, porte-avion… » Le tacle est discret. Mais il a clairement renvoyé dans les cordes Jean-Claude Blanchard, grand admirateur de Robert Ménard… maire de Béziers.

Beuvelet tancée par Séguéla sur la « souffrance » du centre-ville nazairien

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Une fois n’est pas coutume, la plénière du conseil municipal de Saint-Nazaire, le 20 mai dernier, aura constitué l’occasion de se distinguer pour Florence Beuvelet, discrète élue républicaine, membre de Désirs de ville, le groupe d’origine de Ludovic Le Merrer, ancien candidat à l’élection municipale.

Celle que l’on entend d’ordinaire assez peu, sinon sur des délibérations généralement liées au logement social, s’est en permis l’audace d’une question préalable adressée à la majorité.

La question préalable, mécanisme de question orale précédant le déroulé des délibérations, et dont l’intitulé est transmis avec deux jours d’avance aux services de la Mairie, permet en général à l’opposition de questionner la majorité et, en filigrane, la critiquer. Mais les droites d’opposition – Désirs de ville et Saint-Nazaire centre-droit – l’avaient jusqu’ici peu employé. Il y a une semaine, madame Beuvelet ne s’en est pas privé, tançant le maire sur les questions entremêlées du centre-ville, des différents marchés (Halles, Perthuischaud) et de la possibilité d’un service minimal dans ces derniers, en cas notamment d’absences de placiers. Beuvelet a donc lâché quelques cartouches de droite, sans prévoir peut-être… qu’elle serait tancée à son tour.

Si David Samzun a pris les attaques, c’est toutefois Vincent Séguéla, son adjoint au commerce et à l’artisanat, qui a répondu à l’élue d’opposition, relativisant sa prise de parole, la moquant presque, affirmant être « franchement déçu par [cette] question« . Les munitions de gauche ont répondu à celles de droite : rappel du caractère constitutionnel du droit de grève, remise en question de tout éventuel service minimal des marchés dans les collectivités – « Votre question n’est pas posée dans le bon hémicycle« , rappelle monsieur Séguéla – et surtout, défense de la vitalité du marché de Saint-Marc-sur-Mer, dans quartier durablement acquis au Parti socialiste.

Fin du fin, la politique n’étant souvent jamais très loin dans les réponses adressées par la majorité aux groupes d’opposition, Séguéla n’aura pas manqué de soupçonner sa collègue de placer en réalité son intervention dans une stratégie en vue de l’élection législative. Il aura ainsi été successivement reproché à Florence Beuvelet de parler pour la campagne éventuelle de Ludovic Le Merrer, puis de Pierre-Yves Vincent… puis d’elle-même.

À Saint-Nazaire, exprimer des ambitions politiques face à une gauche hégémonique paraît souvent insensé : « un peu décalé et très anticipé« , aura résumé Vincent Séguéla, après avoir prêté à sa collègue un désir de députation. Cette supposition n’est peut-être pas fausse. Elle serait une revanche pour celle qui, avec la victoire de Bruno Retailleau en décembre 2015, a manqué à un cheveu son élection au conseil régional…

Législatives : à droite, entre danse du ventre et bal des candidatures

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L’élection présidentielle de 2017 ayant ceci de particulier à droite, qu’aucun candidat n’est encore désigné, entre Juppé et Sarkozy, le bal des candidatures législatives est fourni. Les jeux sont ouverts dans ce qui ressemble furieusement, dans la 8e circonscription de la Loire-Atlantique, comme partout en France, à une danse du ventre…

Qui, en effet, saura suffisamment se dandiner pour séduire à la fois la droite et le centre, face à une gauche hégémonique ? Car si la gauche domine depuis vingt ans la circonscription qui recouvre Saint-Nazaire (et court à l’Est jusqu’à Savenay) les espoirs de la droite, bien que successivement déçus, demeurent encore vifs. Chaque petit chef de l’Estuaire, dans les rangs républicains comme centristes, aimerait bien à ce titre réitérer la victoire, en 1993, d’Étienne Garnier, victoire sur le fil, certes (50,3 % des voix) mais victoire quand même. Il convient toutefois d’en rappeler le contexte : celui des dernières années Mitterrand, ayant vu la plus forte majorité de droite depuis les débuts de la IIIe République, avec 470 députés RPR-UDF, contre moins de 60 socialistes.

Hélas pour la droite de la 8e, les choses ont bien changé en vingt ans, et si le PS comme le gouvernement demeurent fortement contesté, même à Saint-Nazaire, il n’est pas du tout certain qu’elle accède à la députation en 2017. Ses derniers essais, à ce titre, ne sont pas très engageants. En effet, la gauche avait gagné la circonscription dès le premier tour en 2012. Qu’importe pour la droite, galvanisée par un quasi-succès, en avril, dans une législative partielle à Nantes, et dont les prétendants s’activent à Saint-Nazaire.

Parmi ceux qui postulent, le moins crédible, pour le moment, semble être David Pelon, 50 ans, maire de Trignac et vice-président de la CARENE. Élu de justesse, mais dès le premier tour, en 2014, dans une ville historiquement communiste depuis sa création, il y a un siècle, Pelon pâtit d’une image négative au sein de la droite locale, entachée de ses rapports ambigus avec le Front National. Sa majorité compte en effet deux élus FN. Mais il est actuellement « poussé » par Gatien Meunier, conseiller départemental élu dans le canton de La Baule-Escoublac, lequel avait failli rafler les clés du Département, l’an dernier, au Nazairien Philippe Grosvalet, socialiste.

Un peu plus solides, paraissent être les prétentions de Florence Beuvelet, 60 ans, membre des Républicains, conseillère municipale de Saint-Nazaire, également membre de la CARENE. Elle ne brille certes pas par l’éclat et la pertinence de ses interventions, timides et légères, mais elle se distingue en revanche par sa persévérance face aux moqueries de la majorité socialiste, qu’elle renvoie souvent dans les cordes. Son insuccès au second tour de l’élection départementale, l’an dernier, avec 23 puis 40 % des voix dans le premier canton nazairien, n’est au reste pas déshonorant. Avec son binôme Philippe Cadiet, elle peut même s’enorgueillir d’avoir empêché la qualification du FN au second tour, en le dépassant de quatre points.

Le centriste Pierre-Yves Vincent veut aussi « y aller ». Âgé de 49 ans, cet élu nazairien, membre de l’UDI et connu dans le monde du tourisme, affirmait récemment sur Saint-Nazaire « réfléchir sérieusement » à une candidature législative en 2017. Il est à signaler que cet opposant de David Samzun, qui jusque-là se signalait assez peu au conseil municipal, commence depuis quelques mois à sérieusement « muscler son jeu ». Ses oppositions sont désormais plus franches, plus régulières aussi. Et sitôt sorti de l’Hôtel de ville, on le retrouve dans un second boulot, CDD d’un an et demi : coordinateur nazairien de la campagne présidentielle de Juppé. On sait donc clairement quel candidat soutient Vincent. On ne sait pas en revanche qu’elle pourrait être son score d’une éventuelle candidature législative, pour celui qui fut coiffé au poteau l’an dernier par le FN, avec moins de 16 % des votes dans le deuxième canton de Saint-Nazaire (Méan, Trignac, Montoir…).

Autre centriste dans la bataille, et non des moindres, l’ancienne tête de liste municipale nazairienne Ludovic Le Merrer, 40 ans, est certainement tout à la fois la candidature la plus solide, mais aussi la plus compromise. Président de la commission des Finances du conseil municipal de Saint-Nazaire (cadeau du maire), Ludovic Le Merrer manifeste une opposition qui, pour être franche sur les thèmes classiques de l’ « anti-socialisme » — fiscalité, corruption, fonction publique, logement — n’en reste pas moins courtoise et, c’est de plus en plus un problème, en pointillé. « Monsieur l’absent », comme le qualifie Martin Arnout, maire adjoint aux finances, par son manque d’assiduité en séances, perd ainsi un peu de son lustre de 2014, alors qu’il s’affirmait comme la seule opposition au PS, caracolant loin devant l’opposition FN (32 % contre 13 % au second tour de la municipale). Son positionnement « Gauche moderne », petite formation affiliée à l’UDI et qu’il préside en Loire-Atlantique, ne concourt pas non plus à renforcer un profil « droitier » nécessaire à une candidature crédible…

Par primaire interne ou décision plus arbitraire, les choses devraient s’éclaircir durant l’été pour la droite nazairienne. Alors pourra peut-être émerger, enfin, un vrai meneur dans ce qui reste, certes, une circonscription de gauche, mais d’une gauche affaiblie.

« C’est pas nous qu’on est d’extrême droite… C’est les autres ! »

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Depuis quelques semaines au conseil municipal de Saint-Nazaire, socialistes et frontistes jouent au ping-pong sur le thème de l’extrême droite. Les premiers accusent les seconds d’en être. Mais le Front National n’entend rien, et renvoie le maire, David Samzun, à sa nature même d’homme de gauche. Ambiance…

C’est un débat qui enfle dans les assemblées nazairiennes, au conseil municipal comme au conseil de la CARENE. Pour Jean-Claude Blanchard, chef de file de l’opposition FN, les accusations lui étant constamment faites d’être d’« extrême droite », avec ses amis et son parti, ne sont pas fondées. Jean-Claude Blanchard ne manque pas, en retour, de taxer David Samzun de « gauche bobo », « gauche caviar » et autres épithètes.

Et pourtant, cette bagarre verbale n’est pas – n’est plus – anecdotique, à un an des élections présidentielles et législatives ou, à Saint-Nazaire, PS et FN jouent une part de leur avenir. Cette opposition sur le thème de l’extrême droite et de de la vraie gauche traîne depuis le renouvellement du conseil municipal, en 2014. Mais un cran a encore été franchi le 29 janvier dernier, une fois encore, au conseil municipal. C’est alors le FN Gauthier Bouchet qui donne le la, au détour d’une question préalable, ces questions introductives que les conseillers municipaux (souvent d’opposition) peuvent poser au maire. Selon le jeune adjoint de Blanchard, « Cet intitulé [d’extrême droite] est inexact. Il l’est dans la mesure où aucun [d’entre eux] ne se revendique de droite. (…) Le FN est loin de pousser jusqu’en ses derniers retranchement la pensée actuelle des droites sur leurs fondamentaux. » S’ensuit un long (trop long) déroulé sur la pensée des droites contemporaines sur l’économie, l’industrie, les services publics, la diplomatie, etc.

Cette analyse de « science politique », d’ailleurs poursuivie en mars suivant au conseil de la CARENE, aurait pu en rester là. C’était sans compter sur le maire et ses alliés communistes qui, dans le numéro de mai du bulletin municipal, Saint-Nazaire Le Magazine, viennent de remettre ce sujet au goût du jour. En effet, pour le groupe PCF : « A plusieurs reprises, en séance du conseil municipal et du conseil communautaire, les élus de la liste Bleu Marine ont contesté appartenir à la droite et à l’extrême droite. C’est une supercherie. (…) C’est bien un parti d’extrême droite. » Pour expliciter leur point de vue, les élus municipaux communistes citent pèle-mêle au titre de leur opposition radicale au FN, les accusations d’insinuations, de suspicion, d’excès verbaux provocateurs, de diffamations, de mensonges et, de manière plus politique, les accusent de refuser « de pratiquer la démocratie », que « leur discours socialisant autour des « petits » ne repose sur aucune réalité », que celui « au sujet des femmes et des jeunes est purement artificiel » et que Blanchard partagerait une « conception élastique du cumul des mandats ». Sur ce dernier point, le groupe PCF fait état de son mandat de conseiller régional, acquis en 2015 tout en conservant son mandat municipal…

Au-delà du groupe communiste, les socialistes eux-mêmes chargent la mule, non en rappelant la nature d’extrême droite des élus frontistes mais en attaquant, au-delà de leur programme, sur leur méthode. C’est, encore une fois, le Petit guide pratique de l’élu municipal Front National qui est mis à l’index. Ce petit livre d’une centaine de pages, édité en novembre 2013 par le secrétariat général du FN et destiné aux futurs conseillers municipaux, dit tout du comportement idéal du parfait élu bleu marine. Avant la tribune assassine des socialistes, Samzun n’aura d’ailleurs pas manqué de le souligner en séance du conseil municipal, puis de la CARENE, fin mars, indiquant que, en fait, toutes les positions de vote du FN étaient dictées d’avance par ledit guide.

L’affaire est sans doute loin d’être terminée. Désormais, Samzun s’évertue à qualifier les élus du FN comme le « groupe d’extrême droite » ou, plus curieusement, les « représentant de l’extrême droite française ». Pour sa part, l’extrême droite lui répond sur les réseaux sociaux, passant de la politique à l’histoire, avec des parallèles audacieux du genre Parti Socialiste = Collaboration.

Sel de cette affaire, la droite nazairienne, opposition d’ordinaire peu audible – d’autant plus qu’elle est fait scindée en deux groupes – apparaît désormais comme d’autant plus respectable pour la majorité. Le maire a d’ailleurs montré à plusieurs reprises qu’il distinguait élus de droite et du FN, voyant dans les premiers l’opposition constructive… que prétend pourtant incarner les seconds.

Saint-Nazaire en rouge délavé, à l’heure du tripartisme

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Élu en avril dernier, le nouveau conseil municipal de Saint-Nazaire a porté à sa tête une liste d’union de la gauche (socialistes, communistes, écologistes et radicaux) et un nouveau maire, David Samzun, premièrement élu en 1995 et adjoint sans discontinuer depuis 2001. Si Saint-Nazaire reste logiquement socialiste — comme depuis quatre-vingt-dix ans — la configuration politique change toutefois en faveur d’un décalage au centre-gauche d’une majorité réduite (38 membres) et, après l’éviction des derniers élus d’extrême gauche, d’une opposition scindée en plusieurs groupes de droite, FN compris, pour la toute première fois.

Ce qui a changé à gauche

Si la réputation de Saint-Nazaire « la Rouge » n’est pas entachée à l’issue des élections municipales de mars, les couleurs ne sont plus aussi vives qu’avant. Dans un contexte où l’union de la gauche, certes victorieuse avec David Samzun, traite désormais les élus communistes à l’égal des écologistes en dépit de l’assise historique des premiers, la gauche radicale subit un autre coup dur : ni Lutte ouvrière, ni le Nouveau parti anticapitaliste ou quoi que ce soit d’approchant dans le nouveau conseil municipal.

Personne, y compris ses opposants UMP et FN, n’a jamais envisagé autre chose que la victoire de David Samzun à la dernière municipale de Saint-Nazaire. Dans un bastion historique de la gauche SFIO-PS — mâtinée de communisme — depuis 1924 et trois décennies de municipe Blancho qui donnent d’ailleurs à la place de l’Hôtel de ville son nom, il ne pouvait pas en être autrement.

David Samzun, qui était en campagne depuis 2011, un temps sans le soutien du maire sortant (Joël Batteux, qui lui préférait Éric Provost), a franchi toutes les étapes qui président à l’union à peu près réussie de la gauche, finalement gagnante. Pleinement légitime dès l’élection primaire d’octobre 2013 — avec quelque 80 % des suffrages face à Provost — il constituait dans les mois suivants une liste largement pourvue de responsables associatifs et culturels et de professions intellectuelles supérieures.

En dépit de ce rajeunissement et de cette ouverture à la société civile, l’union de la gauche nazairienne a vécu. Le 30 mars 2014, monsieur Samzun ne récolte jamais « que » 52 % suffrages, sans d’ailleurs être élu dès le premier tour comme avait pur l’être, par exemple, son prédécesseur Joël Batteux en 2001. Ce prédécesseur, qui a durablement marqué de son empreinte la gestion municipale de Saint-Nazaire (il fut maire sans discontinuer de 1983 à 2014), Samzun s’en éloigne d’ailleurs au besoin, assumant se dégager d’une partie de ses choix politiques au cas par cas. Ses soutiens de la majorité ne manquent d’ailleurs pas d’abonder dans le sens du maire, ainsi quand Patrice Bulting — adjoint à la culture — s’est récemment plu à railler les propos de l’ancien maire en plein conseil municipal.

Parmi les nouvelles personnalités qui accompagnent cette majorité de gauche renouvelée, Laurianne Deniaud, première adjointe, est incontestablement la figure dominante. Jeune (34 ans), elle aspire d’ores et déjà à de grandes responsabilités, ses ambitions à la députation dans la huitième circonscription de Loire-Atlantique — qui couvre le Pays nazairien et Savenay — étant un secret de polichinelle…

Madame Deniaud, ancienne présidente nationale du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), entre 2009 et 2011, proche de Martine Aubry durant la primaire présidentielle socialiste, s’était ensuite rapprochée du candidat François Hollande, lequel en a fait son conseiller à la jeunesse durant la campagne, puis, une fois élu. En 2012, elle devient chef de cabinet de François Lamy, ministre de la Ville. Un an plus tard, elle quittait ses fonctions, pour se consacrer pleinement à la campagne municipale de Saint-Nazaire. Deniaud avait d’ailleurs connu un premier « contact » politique avec Saint-Nazaire aux élections cantonales 2011, dans le cadre d’une discrète suppléance de Philippe Grosvalet… élu président du conseil général de Loire-Atlantique.

Pour cette jeune élue en devenir, ces années de politique nationale, loin de Saint-Nazaire, semblent pour tout à la fois un atout politique déterminant et un talon d’Achille. Car si, madame Deniaud, nazairienne de naissance — et le revendiquant fièrement — peut certes faire prévaloir ses origines, elle est également plutôt perçue comme une apparatchik de par sa carrière dans la capitale. Son compagnon, le Parisien Valerio Motta, n’aide sans doute pas beaucoup à atténuer ces idées reçues, en qualité d’ancien responsable web du Parti socialiste (PS), désormais partagé entre Saint-Nazaire et le ministère où il travaille.

À ses côtés, le maire trouve également des soutiens vigilants à sa politique, comme l’économiste Martin Arnout, Christophe Cotta, assistant parlementaire, tandis que son ancien challenger, Éric Provost, s’il abonde bien sûr constamment dans le sens de l’action municipale, a symboliquement perdu son poste de maire-adjoint, et se retrouve reléguée en fond de salle… malgré sa troisième place sur la liste.

Deux droites pour le prix d’une liste

Dans le même temps, droite et centre continuent à dévisser dans les urnes puis au conseil — avec deux groupes concurrents — faute d’un leader. En effet, partant unie sur une liste commune UMP-UDI-MoDem conduite par Ludovic Merrer, lequel a rassemblé 25 % des suffrages exprimés au premier tour, puis 32 % au second. Avant même la fin de la campagne municipale, les négociations fumeuses d’entre-deux tours du directeur de campagne du candidat, Pierre Batisda avec le FN, n’ont pas aidé à crédibiliser la droite nazairienne.

La droite, qui a fait élire huit de ses représentants, s’est ensuite divisée sur la question de la personnalité de ce dernier. Avant même la fin de la campagne municipale, les négociations fumeuses d’entre-deux tours du directeur de campagne du candidat, Pierre Batisda avec le FN, n’ont pas aidé à crédibiliser la droite nazairienne.

D’un côté, Ludovic Le Merrer est resté à la tête du groupe majoritaire d’opposition (cinq élus), conservant l’appellation originelle de « Désirs de ville » avec laquelle il avait intitulé sa liste. Autour de lui, se trouvent quatre de ses anciens colistiers : Virginie Boutet-Caillé, Jean-Michel Texier, Dominique Trigodet et Florence Beuvelet, ces trois derniers de retour dans l’arène électorale pour les départementales (les deux premiers sous l’étiquette MoDem, la troisième en tant que « Démocratie 44 », soit UMP-UDI).

De l’autre côté, une équipe de quadras menée par l’ancienne quatrième de liste Désirs de ville, Sandra Vandeuren, représente le centre-droit, aux côtés de William Duval (ex-quatrième de liste) et Pierre-Yves Vincent (ex-sixième). Au-delà de cette scission du groupe originel, les tensions restent vives durant les mois suivants, comme le montrent la prise à parti de Le Merrer par Duval durant le conseil municipal du 3 octobre 2014, le second critiquant une mauvaise présidence de la commission des finances par le premier.

Depuis, chaque camp a aiguisé ses lames et s’apprête à poursuivre son opposition au conseil municipal sur le terrain des élections départementales. La scission entre les droites nazairiennes donne quelques autres scénarii cocasses, comme lorsque, dans le second canton nazairien (qui couvre notamment Penhoët, Trignac et Montoir-de-Bretagne) l’UDI Pierre-Yves Vincent affronte ses anciens colistiers Jean-Michel Texier et Dominique Trigodet (MoDem). La « bataille » pour le nombre des caractères de la tribune mensuelle de Désirs de ville dans Saint-Nazaire le magazine, et sa médiatisation cet hiver, n’aura au passage pas vraiment conforté le leadership pas vraiment naturel de Le Merrer.

En amont, toutes les promesses de « placements » du candidat Le Merrer à l’égard de ses propres partisans n’avaient pas été tenues, signe avant-coureur des tensions à venir. En particulier, la place accordée à Jean-Louis Garnier aura pu surprendre, à commencer par l’intéressé lui-même, l’ancien président du groupe UMP au conseil municipal, sa tête pensante, passant en six ans de la première à la dix-septième position. Dans une moindre mesure, la quatorzième place défavorable de Josette Emonides, élue centriste sortante, aura illustré à sa façon les choix de Ludovic Le Merrer, qualifiés d’autoritaires.

Depuis, chaque camp a aiguisé ses couteaux et s’apprête à poursuivre leur opposition au conseil municipal sur le terrain futur des élections départementales, en mars. Pour le moment, le groupe majoritaire, qui reste uni autour de son ancienne tête de liste Le Merrer, semble en dépit des critiques et des moqueries conserver une légère avance, à cinq élus contre trois et, depuis octobre, la création d’un groupe à la CARENE, l’Alliance du centre et de la droite (ACDC) en raccordant ses trois élus communautaires à Robert Belliot, ancien maire UMP de Pornichet et désormais candidat dissident dans le canton de La Baule-Escoublac contre Gatien Meunier, chef de file de la droite aux départementales.

Boulevard Blanchard, au croisement de Jaurès et Barrès

Quant à l’extrême droite, elle entre pour la première fois dans l’opposition, après une campagne d’un an et demi entre flatteries ouvriéristes et… néo-poujadisme. Dans le cas présent, le leader est clair : Jean-Claude Blanchard.

Encore peu connu il y a quelques années, ce vieux militant mais jeune retraité (62 ans) de la fonction hospitalière, après un passage à la Navale, a mené le combat des législatives de 2012 dans la huitième circonscription de Loire-Atlantique, sous les couleurs du Front national dont il est membre depuis 1984. Fort de ce succès d’estime à l’élection législative — 10,20 % et deuxième meilleur score départemental du FN — Blanchard a immédiatement embrayé sur les municipales. Dès octobre 2012, il a annoncé la constitution d’une liste municipale FN autonome à Saint-Nazaire, fief inexpugnable de la gauche depuis près d’un siècle. L’UMP lui a ri au nez. En décembre, il était la tête de liste officiellement investie par Marine Le Pen. Un an après, sa liste était bouclée, laissant une droite molle et « recentrée » abasourdie, et modifiant complètement le rapport de forces politique à Saint-Nazaire. En moins de trois ans, de présence sur les marchés et à la sortie des Chantiers, en passant par l’appui aux commerçants victimes de braquages, le « titi nazairien », comme le surnommait Ouest-France dans un portrait de campagne, s’est fait un nom et un poids politique.

Au conseil, où il préside l’opposition FN, Jean-Claude Blanchard travaille avec deux autres élus, Stéphanie Sutter, la trentaine, commerciale gouailleuse, très active depuis des années dans le domaine du social et du handicap, principale rédactrice du programme municipal, et Gauthier Bouchet, benjamin du conseil à 26 ans, populiste à sang froid, la plume ciselée et parfois lyrique du petit groupe. Dans l’ombre, les élus « SNBM », qui tirent profit de leur unité face à une droite divisée, travaillent également avec une poignée de militants de terrain et de soutiens techniques relativement anonymes. Parmi eux, des bretonnants clairement affichés comme Philippe Bescond-Garrec (ex-septième de liste), à rebrousse-poil de la ligne nationale très « neutre » du FN sur les identités régionales, quelques patrons de PME, à l’instar de Gérard Pageaud (ex-cinquième de liste), qui gère un centre de formation sous-traitant pour la Navale, et même une enseignante, Géraldine Rose, entre temps promue en septembre dernier comme responsable départementale du Collectif Racine, qui rallie les enseignants proches du FN.

Pour autant, le petit groupe frontiste de trois élus et d’une douzaine de militants actifs (sur une centaine d’adhérents estimés), s’il travaille de manière remarquée, le fait aussi avec de petits moyens et une modeste organisation humaine. Au-delà d’une soudaine notoriété dans la ville, renforcée notamment en plein cœur de l’été par la présence des Mistral russes au port de Saint-Nazaire, les cadres locaux du FN disposent certes de moyens tout à fait inédits (local municipal à la Mairie, tribune dans le magazine officiel de la Ville, sans parler de celles que leur offre le conseil municipal voire leur siège à la CARENE). Mais leur assise politique reste limitée à Saint-Nazaire et, moindrement, Trignac où le FN a transformé en novembre dernier l’éviction de sa maire-adjointe Lydia Poirier en feuilleton politique à succès face à l’UMP locale.

Au-delà de ces deux communes, Jean-Claude Blanchard, qui est également responsable FN de la huitième circonscription, n’a pas encore les effectifs suffisant pour mobiliser régulièrement, surtout hors-périodes électorales, en tractages et actions militantes diverses jusqu’aux confins de son territoire (Savenay, Saint-Joachim…). Dans le même temps, le mouvement affiche d’excellents scores dans ce type de communes pourtant éloignées de l’influence nazairienne, frôlant toujours un quart des voix.

La progression locale du FN ne pourra avant tout s’opérer que si celui-ci est capable de constituer des listes municipales. En 2020, au vu de ses scores actuels (16 %) et de sa progression probable, le FN peut espérer un quatrième élu au conseil municipal — il lui faudrait atteindre 16,6 % — et pour la première fois, un groupe d’élus à la CARENE, selon différentes configurations probables, voire peut-être d’ailleurs plusieurs en même temps (quatre élus à Saint-Nazaire et/ou un groupe FN à Trignac, de premiers élus à Donges, Montoir-de-Bretagne, etc.).

Sécurité : les propositions minimalistes de David Samzun

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Candidat PS aux élections municipales à Saint-Nazaire et probable vainqueur ce dimanche (41 % des voix au premier tour), David Samzun se propose d’incarner une ville fraternelle et inventive… à base de contrat social, d’écologie, de « + de droits » selon le discours Terra nova et de l’incontournable vivre-ensemble, qui ne remplit pas pour autant pour le porte-monnaie.

Oublieux du chômage – exponentiel à Saint-Nazaire, à quelque 11 % – pour ne rien dire du problème du logement, des commerces à qui Hélyce a tiré dans les pattes deux ans durant, et autres « broutilles », le candidat de la (non) union de la gauche (trois listes à sa gauche) oublie également un autre thème dans son projet : la sécurité.

En fait, plutôt que de l’oublier, il l’expédie. Le paragraphe relatif à la sécurité représente 5 % de la totalité de son projet. Emballez, c’est pesé. Le tout, d’ailleurs, sans annonces marquantes. Rien que des éléments de langage :

Agressions gratuites de commerçants, vols à la tire, cambriolages en hausse et apparition – discrète – du trafic de drogue dans certains quartiers chauds, Bouletterie en tête, font de la cité nazairienne une ville sensiblement plus insécure qu’en 2008. Six années de crise y sont-elles pour quelque chose dans l’augmentation de l’insécurité ? Elles crispent en tout cas un électorat qui ressent plus que le « sentiment d’insécurité » et se donne en partie au FN, jusqu’à le qualifier dans son premier second tour de l’histoire politique nazairienne.

Outrance sécuritaire à l’extrême droite

Du côté du Front national, Jean-Claude Blanchard, qui avec quasi 13 %, croupier du casino Bleu Marine, dit avoir « réussi (son) pari », se livre aux habituelles outrances de son parti sur le sujet de la sécurité. Dans une campagne où il a fait de l’emploi son thème prioritaire, sur fond de crise aux Chantiers STX, Blanchard n’a tout de même pas manqué d’y ajouter un zeste d’immigration, accusée d’augmenter l’insécurité à Saint-Nazaire. En propositions dans le programme, cela donne la mise en place de la vidéo-surveillance « dans les points sensibles de la ville » et la création d’une police municipale. Mic-mac d’ailleurs au FN nazairien, où la section a longtemps hésité à « armer » la police municipale de leur municipe fictif. Avant finalement de laisser ces policiers de conjecture sans armes… mais flanqués d’une brigade cynophile.

Ludovi Le Merrer, pas trop de droite et pas téméraire

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Pendant de longs mois, ce fut un peu l’inconnue de la prochaine élection municipale à Saint-Nazaire : l’identité du candidat de droite qui irait défier David Samzun, actuel maire-adjoint PS et probable futur vainqueur de ce scrutin.

Une nouvelle candidature de Jean-Louis Garnier – déjà tête de liste UMP en 2008 – n’étant à l’origine pas exclue, pour ne pas dire qu’elle était probable, cette idée aura toutefois été battue en brèche par l’annonce, durant l’été, de la candidature d’un quasi-inconnu à droite : Ludovic Le Merrer, 49 ans. En réalité, Le Merrer, entre temps officiellement investi par l’UMP (en octobre dernier) et personnellement adoubé par Garnier, n’est pas tant de droite que du centre, variante UDI. Et voici que se profile donc, à Saint-Nazaire, l’affrontement d’une gauche hégémonique à ce qui, par sa tiédeur, n’est pas même vraiment la droite. Dans le même temps, la dynamique Saint-Nazaire revitalisée, étrange liste de rassemblement « apolitique », est retombée comme un soufflet, avec l’abandon pur et simple de ce projet. Quant au Front national, localement conduit par Jean-Claude Blanchard, ancien candidat à l’élection législative de 2012, il pressent avec confiance un score « de 18 à 20 % » dans un article récent de Presse-Océan, ayant bouclé sa liste en janvier dernier, « après quinze mois d’efforts », dit-il en typographie soviétique.

En tout état de cause, cela fait beaucoup de gauche et fort peu de droite à Saint-Nazaire pour ce scrutin. Cela donne aussi une extrême droite mâtinée d’un fort discours social. Jean-Claude Blanchard, dans une campagne beaucoup plus nationale que strictement municipale, multiplie ses appels au protectionnisme économique après la crise de STX et de Gad, sur laquelle le FN a communiqué tout l’été. Des appels, et des œillades constantes aux ouvriers, Il pourrait, alors se glisser dans le vide laissé à droite… et peut-être en partie à gauche, si Samzun n’est pas assez rassembleur sur les thèmes sociaux.

Un maire « manager » qui veut manger le FN

Le credo de Le Merrer semble emprunté à l’ambitieux Bournazel, ancien candidat défait de la primaire municipale parisienne de l’UMP en juin dernier (10 % des voix), rallié depuis à Nathalie Koscziusko-Morizet, et candidat sur sa liste dans le 18e arrondissement. Les deux hommes qui ne se connaissent (probablement ?) pas, partagent en effet avec l’âge le même mot d’ordre pour leur ville : « vouloir être un maire manager ».

Aspirer demain à être le gestionnaire de Saint-Nazaire, comme il gère ses maisons de retraite, c’est ce que dit le programme de Le Merrer, et ses propres déclarations : « La vague bleu turquoise » – petite pique à l’adversaire bleu Marine… – doit déferler sans oublier, sur le passage de ses rouleaux nourriciers, de « redynamiser la ville » mais attention, Le Merrer ne vise pas plus de deux « CDD » : comprendre, deux mandats.

Cependant, la politique, à l’en croire, « ce n’est pas un métier, mais une mission ». Petite contradiction que de considérer la chose publique sous l’angle du gestionnaire, puis du sacerdoce, puis du gestionnaire… etc. La politique, c’est compliqué, et quand le bleu turquoise veut se lover dans les plis de l’écharpe tricolore, Saint-Nazaire, déjà un port, doit quand même « être menée à bon port », selon les mots du candidat, qui se veut « nouveau capitaine », à la tête d’un « nouvel équipage ».

Nouveau, l’équipage ? C’est un peu précipité. La « droite » nazairienne, qui veut bien manger le FN, le fait par colistiers interposés… et recyclés. Le Merrer, à l’écharpe immaculée, bleu des Mers du Sud, n’a pas l’habitude de mettre les mains dans l’extrême droite, jaune de Damas ; ses soutiers, eux, n’y rechignent pas. Le Merrer est au centre, turquoise parmi ses janissaires. Cependant, la plupart de ses colistiers sont plus à droite. Seule Brigitte Emonides, recyclée de la liste MoDem de 2008 conduite par Kévin Izort (17 % des suffrages exprimés), inaudible dans son « opposition » durant le dernier municipe Batteux, sauve un peu le centre des priorités à droite.

Parmi elles, le conseiller municipal sortant, Laurent Garnier – tendance Fillon durant l’élection du nouveau président de l’UMP – sitôt la candidature Blanchard annoncée côté FN, en octobre 2012, a fait la danse du ventre. Il fallait faire front commun contre Samzun. Mais il s’est ravisé, le front ne devait pas être national, ni rationnel. « Ne venez pas avec la carte de votre parti », indique-t-il alors au candidat FN, manière pudique de prendre congé. Et Blanchard de s’en moquer dans un communiqué.

Également dans la danse, Philippe Frèche, l’agent immobilier, aurait approché « JCB » dans un troquet du centre-ville, toujours à l’automne 2012. « S’allier avec le FN, pourquoi pas ! Seulement monsieur Blanchard, je préfère vous prévenir : je suis juif… » Éclats de rire de Blanchard, qui, essentiellement politique, ne comprend pas en quoi c’est le sujet, athée qui se moque de la religion se son interlocuteur. Et petite blague qui circule depuis entre colistiers du RBM, après le discours blanchardien sur l’industrie en crise, avant fermeture de l’Agora, entre le jus d’orange et les biscuits du pot bleu-blanc-rouge.

On retiendra donc

• Un candidat de droite, mais pas de droite.
• Des lieutenants qui aiment le FN, lui non plus.
• Un futur maire-manager, pour qui la politique est un métier, mais n’est pas un métier.
• Un rassemblement large de l’UMP à l’UDI en passant par le Parti breton, régionalistes de droite.
• Des nœuds de cravate aproximatifs.

Samzun (x2), Grosvalet, Motta, Deniaud : la méritocratie « perso » du PS nazairien

IN_Grosvalet

Même au plus fort de la désindustrialisation et des délocalisations, David Samzun, comme tout socialiste, ne veut pas entendre parler d’une quelconque « préférence nationale » qui réserverait la primeur des emplois – ainsi d’ailleurs que des aides sociales – aux Français, thème de campagne qu’il laisse bien sûr à son adversaire FN. Pour autant, est-il si catégorique dans son refus concernant la priorité familiale ? Il est permis d’en douter.

Que l’on en juge en effet par la nomination, comme nouveau responsable de la communication de l’agence Loire-Atlantique Développement, en septembre dernier, de Sandrine Samzun, une très proche de l’actuel candidat PS à la mairie de Saint-Nazaire et successeur de Joël Batteux (qui ne l’a pas vraiment adoubé d’ailleurs). Sandrine Samzun, une « très proche », pour ne pas dire « la femme de l’intéressée » d’ailleurs, se retrouve donc bombardée à la tête du pôle com de cette influente agence technique.

Sandrine Samzun a été nommée en septembre 2013 comme directrice de la communication de Loire-Atlantique Développement… sans le concours requis.

Le poste semble d’ailleurs avoir été créé spécialement pour elle. Cette agence, fondée en 2011, est chargée d’accompagner les communes et intercommunalités de Loire-Atlantique dans les domaines de l’économie, de l’urbanisme, du tourisme et de l’environnement. Une nomination qui tombe à pic et le tout… sans avoir passé les concours requis.

Le tout se fait sans que la nouvelle dircom ne connaisse probablement rien à la communication… et refile donc le bébé, on le suppose, à une foule de communicants professionnels, qui deviendront autant d’affidés invariablement liés au destin politique de cette famille. Une famille ? Si ce n’est, en fait, un clan, deux Samzun valant mieux qu’un. Comment pourrait-on croire, à ce titre, que la communication de Loire-Atlantique développement, relativement à Saint-Nazaire – sous-préfecture et deuxième ville la plus importante du département, 5 % de la population, ce qui n’est donc pas anodin – puisse être parfaitement objective dans ces conditions ? C’est bien un conflit d’intérêts qui pointe à l’horizon. Et c’est sans parler du discrédit porté au PS local, s’avérant très peu méritocrate dans son fonctionnement, en dépit des coups de menton de « Moi président » sur le thème de l’exemplarité.

Une « anti-méritocratie » qui peut coûter au PS local

Le cas de Sandrine Samzun révèle d’autres surprises, et il n’est pas isolé. Le bât blesse d’autant plus lorsque l’on s’intéresse à son passé professionnel. En effet, Sandrine Samzun, après avoir monté tous les échelons chez Mediapost (spécialiste de la distribution de prospectus), où elle a travaillé entre 2000 et 2009, grimpant du statut d’attachée commerciale à celui de chef des ventes pour la région Pays de la Loire puis pour les régions de l’Ouest, se perd dans les sables de Lagardère. Lagardère ? L’un des plus grands groupes de médias français. Autrement dit, l’épouse d’un socialiste « proche du peuple » se retrouve liée, pour y avoir travaillé de mars 2012 au mois d’août dernier, au nivellement culturel de l’ « infotainment », cette information divertissante, à l’héritier de l’ancien groupe Matra – fleuron du complexe militaro-industriel (missiles, matériel militaire C4ISR de surveillance) – et propriétaire de l’icône du prêt à penser Europe 1, radio versée dans la social-démocratie… de droite comme de gauche.

Ce qui nous interpelle, c’est aussi que l’agence Loire-Atlantique développement, pour revenir à elle, est dirigée par Philippe Grosvalet, conseiller général de Loire-Atlantique, élu dans le canton de Saint-Nazaire-Est… et président du conseil général depuis 2011. Bref, on se coopte entre copains. Et l’on ne s’étonne pas, alors, d’avoir vu arriver en octobre dernier sur la liste Samzun, en probable troisième position, Laurianne Deniaud, 33 ans, ancienne directrice du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), suppléante de Grosvalet lors de la dernière cantonale. Laquelle Deniaud est en réalité la compagne de Valerio Motta, ancien monsieur web de la campagne présidentielle de François Hollande et ex-directeur adjoint de la communication du PS, désormais assistant de Jacques Auxiette, président du conseil régional des Pays de la Loire et très proche de Grosvalet, bouclant ainsi une boucle étrange d’arrangements personnels.

Municipales : David Samzun adoubé par les primaires socialistes

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Ce n’est pas vraiment une surprise. David Samzun, maire adjoint de Saint-Nazaire, vient d’être investi par la section nazairienne du Parti socialiste (PS) comme son candidat à l’élection municipale de 2014. Il devrait vraisemblablement succéder à Joël Batteux — maire depuis 1983 — dont il n’est cependant pas vraiment le dauphin. En effet, le vieux briscard de la politique nazairienne, qui termine son règne à la municipalité dans les volutes de sa cigarette électronique, était plutôt partisan de la candidature d’Éric Provost, autre adjoint…

Nostalgie sans doute pour son passé chevènementiste, Provost incarnant semble-t-il une « gauche plus à gauche ». Mais ultimement, ce dernier n’a obtenu que 19,84 % des suffrages exprimés à l’issue de l’élection primaire du PS organisée le 27 juin dernier pour le départager de David Samzun, qui lui récolte les 80 % et quelques restants.

Samzun, né en 1969, teint hâlé comme sorti de vacances ou d’une séance d’UV, un mois de SMIC en habits sur ses épaules, est le représentant de la jeune génération socialiste (qui commence à la quarantaine…) et surtout, l’anti-Batteux, qu’il veut ringardiser. Avant tout dans la forme, car Batteux, manœuvrier, n’en reste pas moins politiquement discret. Avec la création, dès juin 2010 — quasiment quatre ans avant le futur scrutin municipal — de sa propre association de soutien à sa candidature, Demain Saint-Nazaire, David Samzun se veut pour sa part le porte-drapeau d’une ambition décomplexée qui dit « rassembler des personnes soucieuses de l’avenir de Saint-Nazaire et intéressés par le débat collectif », mais rallie surtout son égo. Samzun maire, c’est quasiment acquis. Pour en 2017, être député-maire en lieu et place de Marie-Odile Bouillé, par ailleurs membre du conseil municipal ?

Le samzunisme en politique, qui n’est toutefois pas qu’une question d’ambition individuelle, connait aussi ses particularismes par rapport à la gestion Samzun : proposition du mandat unique, parité jusque dans l’exécutif municipal, etc. Reste à savoir si ce socialisme moderne passera auprès des électeurs en mars prochain. Pour rappel, lors de l’élection municipale de 2008, la liste socialiste avait recueilli 43,23 % puis 40,52 % des suffrages exprimés à chaque tour de scrutin, baissant en voix au second tour dans le cadre d’une quadrangulaire originale PS/MoDem/divers gauche/UMP.